jeudi 27 octobre 2011

un peu de philosophie dans la vie

Voilà, je reprends ma plume (ou plutôt, mon pc, parlant en termes modernes), pour vous faire un petit bilan de mes deux mois. J'ai pas envie de faire en mode "famille", "école", "amis", bla bla bla. J'ai envie de faire ma petite philosophique, et relativiser sur ce que je vis ici, comment je "grandis" (oooh oui, deviendrai-je plus mature en rentrant, réponse dans 8 mois), bref, mes paragraphes seront différents, mai il y aura toujours des paragraphes pour que vous puissez vous retrouvez. Paresseux qui ne regardent que les photos et leurs légendes (je sais, y'en a plein, je faisais partie de ceux-là héhé), passez votre chemin, cet article ne sera pas votre ami pour un sou.

Commençons par le chapitre "Être un étudiant aux USA". Je suis bien contente d'être née en Belgique, d'avoir eu une scolarité européenne et d'avoir été une jeune bruxelloise. Avant de partir, c'est vrai, on est tous là: ouaaah, le rêve américain, les pompoms girls, les joueurs de foot, les casiers, blablabla... Tout ce qui fait la jeunesse américaine fait rêver, en passant de "Grease" à "High School Musical". Kathy me dit souvent que tout ce qu'elle sait, elle l'apprend des films, et c'est totalement vrai. Pour nous, européens, les films, c'est 120 minutes d'escapades, de divertissement, mais une fois le film fini, on retourne dans la réalité. Ici, le film fait partie de la vie, c'est la vie. Mais seulement une partie. Parce que, malgré les pompoms girls, les joueurs de foot, les casiers, il faut voir l'autre partie du film: les responsabilités, le college, l'entourage, la famille, l'école en elle-même. J'ai l'impression qu'ici, les jeunes ont pas de liberté, ou peu. Je ne parle pas d'alcool, de permis de conduire ou de cigarettes: je parle d'avenir, de ce que je vais faire de ma vie. Ici, tout est conditionné par l'argent. L'argent, l'argent, l'argent. Pas d'argent, pas de college. Donc, ils commencent tous à travailler très tôt, ils travaillent les jours de cours, ils travaillent le week-end, tout ça en plus de l'école. Ils travaillent pour payer leur essence, parce que sans essence, pas de voiture, pas de voiture, pas de vie. Ils travaillent pour économiser pour le college, parce que à $40 000 l'année, t'as intérêt à économiser tôt. Et à côté de ça, ils travaillent pour l'école, pour essayer de décrocher des bourses, ils se tuent au sport, encore une fois pour les bourses, ils préparent des dizaines d'applications pour différentes universités, ils roulent des heures et des heures juste pour en visiter une... En bref, autant pour nous, la rhéto était la meilleure année de notre vie, pour eux, c'est l'année de toutes les décisions et d'une pression de malade. Je pense qu'une fois qu'ils sont à l'unif, ils sont beaucoup plus posés, mais cette année, la "Senior year", je suis bien contente d'être déjà graduée. Puis ici, les amitiés semblent si fausses, les gens si hypocrites. On parle souvent de la sympathie des Américains, elle existe bien. Mais une fois, c'est une partie du film. Derrière ça, il n'y a souvent, malheureusement, que de l'hypocrisie pure et simple. Un exemple flagrant? Hier, on a appris qu'un Sophomore s'était suicidé, à cause du bullying (= harcelèment). C'est choquant parce que c'est le 6ème suicide en 4 ans dans cette école. Ce qui est encore plus choquant, c'est le nombre de personnes sur Facebook qui ont mis en statut "Oh tu vas trop me manquer, pourquoi tu as fait ça?", "RIP, WE LOVE YOU FOR EVER", "MY HEART IS BROKEN, HOW COME LIFE IS SO HARD" et bla bla bla. Genre, si le gars s'est suicidé, c'est parce que les gens l'harcelaient, peut-être parce que c'était un Nerd, ou que sais-je, mais ce soir-là, ma page était remplie de commentaires sur ce gars, et je suis quasi sûre que la plupart se sont levés le lendemain, sans avoir une seule pensée pour lui. Ici c'est "t'es mon ami", mais tant que ça m'arrange, et tant qu'on peut se critiquer par derrière. L'atmosphère est pas hyper saine, pas la meilleure pour grandir. Si tu tombes dans un "bon" groupe d'amis, c'est bien pour toi. Mais si dans ta freshman year, t'as le malheur de faire de "mauvais choix", la high school peut très vite devenir un cauchemar. (Je relis ce paragraphe, j'ai l'air très négative, mais c'est ma vision de cette scolarité, mais si vous relisez bien, je parle de l'envers du décor, parce que le décor, j'en ai déjà bien souvent parlé et que vous le connaisse sûrement des films vus et revus. Je veux juste que les futurs ES, ou les curieux, comprennent qu'on a de la chance d'avoir été des élèves européens, d'avoir l'université aussi peu chère, et peut-être éviter qu'on se plaigne inutilement!)

Le "temps", maintenant. J'ai l'impression que le temps passe différemment ici. Les jours passent à une vitesse folle, et je me rappelle, quand j'attendais de partir, trois me semblaient une éternité. Ici, j'ai l'impression que ça fait deux semaines que j'ai débarqué de l'aéroport, alors que ça fait mon troisième mois entamé. Alors j'essaie de profiter, mais en même temps, parfois je me sens frustrée parce que j'ai l'impression de perdre mon temps. Comment expliquer ça... Par exemple, à l'école, y'a des jours où je m'ennuie fermement dans certains cours (=PHYSIQUE). Je me dis que ça me sert pas à grand chose et que j'aurais bien fait autre chose, genre visiter, ou bouger. Je me demande parfois pourquoi j'ai pris une "refaire une seconde rhéto", ok, pour vivre Homecoming, les bals, la graduation party. Sûrement qu'avec du recul, je me dirais que ça en valait la peine, mais là maintenant tout de suite, ça me saoûle parfois. Bon après, ça va, le temps passe tellement vite que j'aurais à peine le temps de finir cet article, que je l'aurais lu trois fois et fait 10 000 choses différentes et être totalement en désaccord avec cette partie. Mais bon, c'était mon état du soir, et comme je suis dans un bon jour pour écrire, je me défoule.

"L'ouverture sur le monde" sera le dernier chapitre je pense (et se finira par le texte sur être un ES, que vous avez peut-être déjà lu si vous êtes un accro de mon blog ahem). Partir, c'est toujours pour mieux revenir, dit-on. Oui, pour mieux revenir et mieux repartir après. C'est attraper la bougeotte parce qu'on apprend tellement hors de son pays, loin de sa famille et de ses proches. On ne se rend pas compte à quel point on est confinés dans notre confort, à regarder les nouvelles sur notre petit écran TV et vivre notre petite routine. Une fois abroad, on se réinvente, on se renouvelle, on ouvre son esprit pour s'imprégner des routines des autres. On a pas le choix, il faut s'adapter, sinon on n'est pas heureux. Et on rencontre des personnes qui pensent différemment, qui ont été éduqués différemment, qui vivent différemment. Et on apprend, chaque jour un peu plus. Et on prend le bon, on laisse de côté le mauvais. On s'enrichit. Et on aime ça, on a envie de faire ça de sa vie, s'enrichir un peu plus tous les jours, ne jamais arrêter d'apprendre et découvrir le monde. Je me dis qu'en deux mois, j'ai appris tellement de choses sur les autres, sur moi-même, que rester dix mois ici, ça va me changer. Et en bien, parce que être un étudiant d'échange... Y'a rien de meilleur. (et surtout merci à mes parents, d'ici et d'accueil, c'est tellement bon de se sentir aimés!!)


I am an exchange student. How do you know what is a dream if you never accomplished one. How do you know what is an adventure if you never took part in one. How do you know what is anguish if you never said goodbye to your family and friends with your eyes full of tears. How do you know what is being desperate, if you never arrived in a place alone and could not understand a word of what everyone else was saying. How do you know what is diversity if you never lived under the same roof with people from all over the world? How do you know what is tolerance, if you never had to get used to something different even if you didn’t like it. How do you know what is autonomy, if you never had the chance to decide something by yourself? How do you know what it means to grow up, if you never stopped being a child to start a new course? How do you know what is to be helpless, if you never wanted to hug someone and had a computer screen to prevent you from doing it. How do you know what is distance, if you never, looking at a map, said “ I am so far away”. How do you know what is a language, if you never had to learn one to make friends. How do you know what is patriotism, if you never shouted “ I love my country” holding a flag in your hands. How do you know what is the true reality, if you never had the chance to see a lot of them to make one. How do you know what is an opportunity, if you never caught one. How do you know what is pride, if you never experienced it for yourself at realizing how much you have accomplished. How do you know what is to seize the day, if you never saw the time running so fast. How do you know what is a friend, if the circumstances never showed you the true ones. How do you know what is a family, if you never had one that supported you unconditionally . How do you know what are borders, if you never crossed yours , to see what there was on the other side. How do you know what is imagination, if you never thought about the moment when you would go back home. How do you know the world, if you have never been an exchange student? I am an exchange student.

1 commentaire:

  1. Ouaaw i got only one thing to say True ...
    I mean Being an exchange student have been the best experience and the best time in my life, and i did learn SO MUCH !!
    This text explain so much and even reading it you cannot really understant what it is to be an exchange student ...
    And now that u are exchange student u have 2 families and when u gotta leave to " go back home" you leave your other home, and than u live with a piece of ur heart missing wherever u go ..
    Gosh how i miss Usa ,how I miss my friends and family ...

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